29 juillet 2016 0

UBS 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage, Suisse

UBS ne respecte pas du tout les règles prudentielles d’endettement et sa situation se détériore par rapport aux trimestres précédents avec un leverage réel de… 31,70 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de… 3,15 % ce qui est loin de respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %,

Document 1 :

UBS2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets950,168979,746942,819966,873989,397
2 Equity50,21154,07755,31354,84552,876
3 Deductions13,70416,68818,70118,66616,22
4 Goodwill6,2426,4416,5686,3266,402
5 Tangible eq30,26530,94830,04429,85330,254
6 Liabilities919,903948,798912,775937,02959,143
7 Leverage (µ)30,3930,6630,3831,3931,7
8 Core Tier 1 (%)3,293,263,293,193,15

Sommes en milliards de francs suisses.

Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 !

UBS publie les éléments permettant de calculer le véritable leverage, c’est-à-dire le rapport entre le total des dettes et le montant réel des capitaux propres ou actifs tangibles,

Document 2 :

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 59,7 milliards de francs suisses ou diminuer le total des dettes de… 638 milliards !

Document 3 :

Le manque de réaction des Helvètes face à ce danger potentiel est étonnant.

Document 4 :

La capitalisation boursière d’UBS, 51 milliards de francs, largement supérieure à ses actifs tangibles, ne se justifie pas !

UBS fait partie des 30 plus grandes banques mondiales présentant un risque systémique, les G-SIBs (Global Systemically Important Banks) précédemment connues en tant que SIFIs (Systemically Important Financial Institutions) du Basel Committee on Banking Supervision (BCBS).

Cliquer ici pour lire le rapport financier du dernier trimestre.

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28 juillet 2016 8

BPCE 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Comme je l’ai déjà écrit, BPCE est l’usine à gaz créée par le principal collaborateur de notre histrion ignare qui utilise certains de ses tuyaux pour enduire les analystes (et presque tout le monde) dans l’erreur à l’insu de leur plein gré…
En effet, les comptes trimestriels publiés ne font jamais état de ces fameux TSSDI, Titres Super Subordonnés à Durée Indéterminée que nos banksters ont réussi à faire comptabiliser officiellement en France dans les capitaux propres alors qu’ils sont considérés partout dans le monde comme des dettes car ce sont des capitaux rémunérés sous la forme d’intérêts.
Cette distinction entre capital et dettes est fondamentale, comme le montre clairement la dénomination du passif en anglais : Liabilities & equity, le mot passif n’existant pas en anglais, car les actifs ne peuvent être financés que par des capitaux propres et des dettes.
C’est simple, mais trop simple pour nos banksters franchouillards qui ont trouvé là un terrain d’entente pour camoufler plus ou moins adroitement leurs turpitudes, mais ça ne marche pas pour les rares analystes compétents s’exprimant en français (le pluriel ne se justifie peut-être pas !) et pour les gens de l’EBA, l’Agence Bancaire Européenne qui ont publié les montants des véritables capitaux propres selon les règles appliquées partout dans le monde, sans les titres dits hybrides dont les TSSDI font partie, pour les bilans arrêtés au 30 juin 2013 et qui confirment mes analyses.
Les chiffres publiés dans les rapports trimestriels de BPCE ne donnent donc pas une image fidèle de la réalité pour tromper les investisseurs et les marchés, ce qui est condamnable mais pas condamné en France (seul celui qui a dénoncé cette tromperie a été sanctionné !)
.

Cependant, les banksters de BPCE publient prudemment le montant des véritables capitaux propres en concordance avec ceux de l’EBA dans une annexe,

Document 1 :

Les chiffres publiés dans le bilan publié par BPCE doivent donc être retraités en fonction de ces données pour donner une image fidèle de la réalité,

Document 2 :

Dans ces conditions, il est possible de calculer des ratios qui se rapprochent de la réalité en appliquant les règles internationales.

Le ratio Core Tier 1 réel, c’est-à-dire le rapport entre les capitaux propres et (sur) le total des dettes (du bilan moins les capitaux propres) est de 4,54 % en pourcentage, ce qui correspond à un leverage (que l’on peut traduire par ratio de levier) de 22,01 qui s’interprète de la façon suivante : le total des dettes représente 22 fois le montant des véritables capitaux propres, ce qui correspond à un multiple d’endettement, expression que j’ai adoptée, avec le symbole µ pour simplifier, sans amélioration par rapport aux trimestres précédents,

Document 3 :

BPCE2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets1 169,191 173,201 166,541 197,011 219,74
2 Equity55,02863,01557,63257,94158,428
3 Deductions2,0239,2132,3782,0581,11
4 Goodwill4,3054,3024,3544,2834,318
5 Tangible eq48,749,550,951,653
6 Liabilities1 120,491 123,701 115,641 145,411 166,74
7 Leverage (µ)23,0122,721,9222,222,01
8 Core Tier 1 (%)4,354,414,564,54,54

Sommes en milliards d’euros.

Pour ce dernier trimestre, les banksters de BPCE publient curieusement un « ratio de levier Bâle 3 »… de 4,8 % proche de celui que j’ai calculé, ce qui confirme la justesse de mes analyses passées et présentes.

Comme je l’ai déjà écrit, Bien entendu, les ratios et multiples de ce tableau sont calculés à partir des actifs qui ne sont pas pondérés des risques car tout actif est par définition risqué, selon les préconisations de ce bon vieux Greenspan, de la BRI, d’Axel Weber, de la Fed, de la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et en conformité avec les accords de Bâle I comme le rapporte entre autres la CRR/CRD IV (cf. mon analyse des résultats de Deutsche Bank).

BPCE est donc dans une mauvaise situation car son multiple d’endettement réel, le leverage, reste à un niveau trop élevé alors que pour ce bon vieux Greenspan, le leverage devrait être inférieur à 10 (donc avec un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %) pour respecter les règles prudentielles d’endettement bancaire en vigueur après les turbulences de 2008.

Il faudrait pour cela augmenter les capitaux propres de 57,9 milliards d’euros ou diminuer le total du bilan de… 630 milliards (par cessions d’actifs par exemple) !

Les dirigeants de BPCE ne parlent pas évidemment des 15 milliards que la Banque de France leur prête généreusement en mettant en pension des titres sous la forme de Certificats de Dépôt Négociables dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN),

Document 5 :

Pour l’instant, ça marche. Tout va bien : il n’y a pas eu de tsunami mais le marché interbancaire est complètement bloqué dans la zone euro.
Heureusement que peu de gens lisent ce que j’écris car ça fait peur !

Cliquer ici pour voir les résultats de BPCE d’où sont extraites ces informations,

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28 juillet 2016 3

Crédit Mutuel 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Les banksters du Crédit Mutuel publient des informations financières particulièrement folkloriques…
Le rapport annuel 2015 vient d’être publié le… 27 juillet !

Document 1 :

Comme pour les Gos banques, le montant des capitaux propres publiés ne correspond pas à la réalité car les banksters du Crédit Mutuel y intègrent en particulier les titres dits hybrides.

Un autre tableau explicite quand même les explications nécessaires de façon à pouvoir calculer le montant des véritables capitaux propres,

Document 2 :

Un petit rappel : seule la France permet aux banques de comptabiliser ces titres hybrides (qui sont en réalité des dettes) dans les capitaux propres, car partout ailleurs dans le monde, la distinction est rigoureuse entre les capitaux propres et les dettes qui seuls constituent le passif.

En comptabilisant les capitaux propres selon les normes internationales, le leverage réel est de 17,96 correspondant à un ratio Core Tier 1 de 5,57 %… en progrès par rapport aux trimestres précédents,

Document 3 :

Crédit Mutuel2012201320142015
1 Assets645,216658,618706,72739,809
2 Equity39,89540,28143,93847,055
3 Hybrid secur.7,0024,9433,73,392
4 Goodwill4,8514,8784,5824,65
5 Tangible eq.28,04230,4635,65639,013
6 Liabilities617,174628,158671,064700,796
7 Leverage (µ)22,0120,6218,8217,96
8 Core Tier 1 (%)4,544,855,315,57

Sommes en milliards d’euros.

Par ailleurs, les banksters du Crédit Mutuel ne donnent aucune information sur les 17,3 milliards d’euros qu’ils empruntent à la Banque de France au titre des Certificats de Créances Négociables (TCN) avec le Crédit Industriel et Commercial…

Document 4 :

… ni des milliards qu’ils doivent très certainement emprunter auprès de la BCE qui ne publie aucun chiffre à ce sujet.

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan (un leverage inférieur à 10), il faudrait augmenter les capitaux propres du Crédit Mutuel de 28,5 milliards d’euros ou diminuer le total des dettes de… 325 milliards !

Les sociétaires de Crédit Mutuel approuvent régulièrement les comptes et la gestion de leurs dirigeants, mais combien d’entre eux ont compris la signification de ces chiffres critiques ?

Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami bancaire.
Tout est simple.

Cliquer ici pour accéder à la page des informations financières de Crédit Mutuel.

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28 juillet 2016 1

BNP-Paribas 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Les banksters de BNP-Paribas ont publié leur bilan pour ce dernier trimestre et curieusement, ils publient (dans les slides) maintenant un tableau donnant le véritable montant de leurs capitaux propres, c’est-à-dire en soustrayant les titres dits hybrides et d’autres éléments (dont les écarts d’acquisition) du montant des capitaux propres publiés au bilan, c’est-à-dire très exactement selon la même méthode que j’utilise depuis des années,

Document 1 :

En reprenant les seuls chiffres pouvant donner une image fidèle de la réalité, et en ne retenant que le montant des véritables capitaux propres, le leverage réel de BNP est de 29,85 pour ce dernier trimestre correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 3,35 % exactement au même niveau qu’au trimestre précédent !

Document 2 :

BNP Paribas2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets2 138,512 145,421 994,192 121,022 171,99
2 Equity92,07894,78896,26998,54997,509
3 Deductions14,25416,97517,05319,816,993
4 Goodwill11,02410,91310,31610,04910,116
5 Tangible eq66,866,968,968,770,4
6 Liabilities2 071,712 078,521 925,292 052,322 101,59
7 Leverage (µ)31,0131,0727,9429,8729,85
8 Core Tier 1 (%)3,223,223,583,353,35

Sommes en milliards d’euros.

Il faudrait augmenter les capitaux propres de… 127 milliards d’euros (!) ou diminuer le total des dettes de… 1 230 milliards (!) par cessions d’actifs par exemple pour que BNP-Paribas respecte les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan (sans pondérer les actifs, comme le préconisent également la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et la CRR/CRD IV), à savoir un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 % ou un leverage inférieur à 10 (contre respectivement 8% et 12,5 pour le ratio Core Tier 1 d’origine).

Document 3 :

Les chiffres de ces ratios de levier Bâle III publiés par les banksters de BNP-Paribas sont donc en concordance avec ceux que je calcule sur la base de l’analyse de ces titres hybrides (l’écart entre mes calculs et ceux de BNP est très faible), ce qui prouve une fois de plus la justesse de mes analyses sur ce sujet, et ceci depuis plusieurs années…

C’est drôle, on se demande pourquoi les banksters de BNP-Paribas ne publient pas le montant des Titres de Créances Négociables (TCN) qu’ils mettent en pension pour obtenir… 29,6 milliards d’euros d’argent frais ! … répartis entre 27,5 milliards de Certificats de Dépôt Négociables (CDN),

Document 4 :

et 2,1 milliards des Bon à Moyen Terme Négociables

Document 5 :

… chiffres publiés par la Banque de France, auxquels il faudrait ajouter ceux qui sont prêtés par la BCE qui ne publie aucun chiffre.

Le leverage réel de BNP est de 29,85. Celui de la banque des frères Lehman était de 32 lorsqu’elle a fait faillite, ce qui a provoqué de fortes turbulences financières dans le monde.
Le total de son bilan était alors de 650 milliards de dollars… seulement.

Le total du bilan de BNP est proche du montant du PIB annuel de la France !

Les Américains sont inquiets face à la puissance de leurs big banks too big to fail, mais JPMorgan est celle qui a le total de son bilan le plus élevé avec seulement… 2 466 milliards de dollars, soit 13,5 % du PIB des Etats-Unis (18 230 milliards de dollars).

Les banksters de BNP (et leurs homologues des autres Gos banques) prennent les Français pour des idiots et ils ont raison. Ça marche : ils ne comprennent jamais rien aux problèmes financiers, bancaires, monétaires, heureusement…
Ils n’ont été amenés à payer que 9 milliards de dollars pour éviter d’être condamnés… aux Etats-Unis !

La capitalisation boursière de BNP de l’ordre de 54 milliards d’euros est nettement inférieure à son actif tangible qui est considérée comme étant la valeur à la casse d’une banque en difficulté.
La chute récente des cours des Gos banques a montré une fois de plus qu’en cas d’€ffondrement, elles vont au tapis…

Tout est simple… à condition de savoir décrypter correctement des centaines de pages de comptes à dormir debout pour en tirer la substantifique moelle.
Finalement, je remercie les dirigeants de nos Gos banques et ici ceux de BNP qui montrent que j’avais raison et que j’ai toujours raison de calculer les véritables ratios d’endettement.

Pour l’instant, tout va bien, la nomenklatura est solidaire.

Cliquer ici pour lire le communiqué présentant les résultats (non audités) de BNP d’où sont tirées ces dernières données.

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28 juillet 2016 4

Crédit Suisse 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Comme je l’ai déjà écrit, Tidjane Thiam (X, Mines, INSEAD), le nouveau patron de la banque depuis juin 2015, un noir franco-ivoirien trop noir pour la nomenklatura franchouillarde bancaire, est manifestement conscient qu’il faut impérativement restaurer les fondamentaux c’est-à-dire diminuer le multiple d’endettement, en restructurant les activités pour augmenter les bénéfices, en recourant à une augmentation de capital (6 milliards de francs en octobre dernier) et en utilisant au besoin d’autres solutions…

Ainsi, il a décidé fort intelligemment d’apurer les comptes de sa banque en diminuant drastiquement le montant des écarts d’acquisition (goodwill), ce qui a fait augmenter mécaniquement le montant des capitaux propres tangibles, tout en diminuant le total des dettes (moins 104 milliards de francs d’une année sur l’autre).

Résultat de la manip : le leverage réel de Crédit Suisse est déjà tombé à 21,10 alors qu’il stagnait aux alentours de 25 avant la nomination de Tidjane Thiam, ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 4,74 % qui est encore loin des règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan,

Document 1 :

Crédit Suisse2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets879,322858,42820,805813,898821,164
2 Equity42,64244,75744,38244,99744,962
3 Deductions---0,4393,1073,053
4 Goodwill8,2388,5264,8084,6884,745
5 Tangible eq34,40436,23140,01337,20237,164
6 Liabilities844,918822,189780,792776,696784
7 Leverage (µ)24,5622,6919,5120,8821,1
8 Core Tier 1 (%)4,074,415,124,794,74

Sommes en milliards de francs… suisses.

Un rappel : le véritable leverage est obtenu en diminuant le montant des capitaux propres (sans les minoritaires) des écarts d’acquisition, c’est-à-dire en évaluant ces capitaux propres à leur juste valeur de marché, dite des actifs tangibles, sans pondérer les actifs rapporté au reste du bilan qui est constitué par définition de dettes, selon les préconisations de la BRI (et de la directive européenne CRD IV).

Document 2 :

Il faudrait encore augmenter les capitaux propres de 37,5 milliards de francs helvètes ou diminuer le total des dettes de… 375 milliards (en cédant autant d’actifs) pour que Crédit Suisse respecte les règles prudentielles édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %.

Les petits Suisses devraient être inquiets car leurs deux big banks too big to fail présentant des risques systémiques ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement.

Document 3 :

Les journaleux et autres bonimenteurs que sont les professionnels de l’analyse financière sont de parfaits idiots a priori inutiles voire nuisibles mais qui deviennent miraculeusement utiles pour les investisseurs avisés car aucun d’entre eux n’a jamais repris jusqu’à présent les analyses fondamentales qui s’imposent, basées sur les règles prudentielles préconisées par ce bon vieux Alan Greenspan.

Ils ont fait plonger le titre après la publication de ses résultats de fin 2015. La capitalisation boursière de Crédit Suisse, 24 milliards de francs est nettement inférieure à son actif tangible, ce qui est une erreur d’analyse par rapport à sa tendance fondamentale comme l’a fort bien dit Tidjane Thiam, victime collatérale du Grand Satan.

Document 4 :

Pour l’instant, tout va relativement bien.

Crédit Suisse fait partie des 30 plus grandes banques mondiales présentant un risque systémique, les G-SIBs (Global Systemically Important Banks) précédemment connues en tant que SIFIs (Systemically Important Financial Institutions) du Basel Committee on Banking Supervision (BCBS).

Cliquer ici pour lire des informations financières dans le dernier rapport financier de Crédit Suisse.

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27 juillet 2016 11

Deutsche Bank 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Deutsche Bank est redevenue la pire des big banks too big to fail (battant maintenant les mécanos de la Générale) d’après ses derniers résultats publiés : le leverage réel est de 36,5 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 2,7 % en détérioration par rapport aux trimestres précédents…

Document 1 :

Deutsche Bank2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets1 694,181 719,371 626,001 740,571 803,29
2 Equity70,76263,74560,97661,59261,865
3 Deductions3,1622,3442,2474,3863,858
4 Goodwill15,6889,93210,0789,9069,907
5 Tangible eq51,91251,46948,65147,348,1
6 Liabilities1 642,261 667,911 577,351 693,271 755,19
7 Leverage (µ)31,6432,4132,4235,836,49
8 Core Tier 1 (%)3,163,093,082,792,74

Sommes en milliards d’euros (les données sont en concordance avec la directive CRD IV).

… ce qui montre une fois de plus la justesse que ce que j’ai écrit depuis plusieurs années, à savoir d’abord que ces big banks européennes sont dans une situation qui risque de créer de très graves problèmes au-delà de leur périmètre, c’est-à-dire que ce sont des banques à véritables risques systémiques, ensuite que les journaleux et autres bonimenteurs que sont les professionnels de l’analyse financière sont de parfaits idiots a priori inutiles voire nuisibles mais qui deviennent miraculeusement utiles pour les investisseurs avisés car aucun d’entre eux n’a jamais repris jusqu’à présent les analyses fondamentales qui s’imposent, basées sur les règles prudentielles préconisées par ce bon vieux Alan Greenspan.

Document 2 :

Un rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 !

Document 3 :

Il faudrait augmenter le montant des capitaux propres de… 111 milliards d’euros ou diminuer le total des dettes de… 1 220 milliards pour respecter les règles prudentielles préconisées par ce bon vieux Greenspan, à savoir le ratio Core Tier 1 de 10 % sans pondérer les actifs !

John Cryan, le patron de la banque depuis juin 2015, a déclaré qu’il allait diminuer le total des dettes par cession d’actifs et augmenter les capitaux propres en restaurant des bénéfices sans les distribuer aux actionnaires mais sans donner de chiffres prévisionnels, ce qui est exactement le contraire de ce qui a été fait au cours de ces derniers trimestres !

La capitalisation boursière de Deutsche Bank reste à un niveau très bas à 17,7 milliards d’euros, largement inférieure à son actif tangible (48 milliards), ce qui était considéré lors de la grande crise en 2009 comme le plancher objectif de toute banque en danger : sa valeur à la casse.

Comme je l’ai déjà écrit : Plus que jamais, il est donc indispensable de revenir aux fondamentaux, à savoir, comme je le répète toujours, le leverage réel tel que l’a défini ce bon vieux Greenspan avec le ratio réel Core Tier 1 non pondéré des actifs (!) qui devait être supérieur à 8 % dans les années 80 et qui est ici loin de respecter les règles prudentielles d’endettement (qu’Alan Greenspan avait relevées à 10 % au minimum après les turbulences financières de 2008).

Un rappel : le véritable leverage est obtenu en diminuant le montant des capitaux propres (sans les minoritaires) des écarts d’acquisition, c’est-à-dire en évaluant ces capitaux propres à leur juste valeur de marché, dite des actifs tangibles, sans pondérer les actifs comme le préconisent ce bon vieux Greenspan, la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la directive européenne (la Capital Requirements Directive IV de la Capital Requirements Regulation CRR/CRD IV de la Commission Européenne) rapporté au reste du bilan qui n’est constitué par définition que de dettes.
L’€ crise est donc aggravée par la situation catastrophique de ces big banks too big to fail qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement.

Les euro-zonards étaient inconscients des risques de tsunami bancaire… mais ce qui vient de se passer au cours de ces dernières semaines commence à leur faire prendre conscience des risques de tsunamis bancaires, que ce soit dans ces cochons de pays du Club Med ou dans la vertueuse Germanie.
En effet, le Grand Satan, maintenant redevenu sain et solide, a décidé de porter l’estocade contre son grand rival de la vieille Europe continentale, et c’est la déroute.

Deutsche Bank a été dans le passé récent la pire des banques dans le cadre de la liste des 28 banques présentant un risque systémique dans le monde (Global list of Systemically Important Banks (G-SIBs) et elle le reste encore !

Cliquer ici pour lire les derniers résultats trimestriels communiqués par Deutsche Bank.

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26 juillet 2016 0

Bank of New York Mellon 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Le total du bilan de Bank of New York Mellon est relativement modeste pour les Etats-Unis mais elle fait partie des 8 banques américaines présentant des risques systémiques d’après la BRI.

Son multiple d’endettement est beaucoup trop élevé : avec un leverage réel de 19,1 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 5,2 %, c’est la pire de ces big banks américaines too big to fail !

Document 1 :

Bk of New York Mellon2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets396,525377,371393,72372,87372,351
2 Equity38,2738,1738,03738,45938,559
3 Preferred st2,5522,5522,5522,5522,552
4 Goodwill17,80717,67917,61817,60417,501
5 Tangible eq17,91117,93917,86718,30318,506
6 Liabilities378,614359,432375,853354,567353,845
7 Leverage (µ)21,1202119,419,1
8 Core Tier 1 (%)4,754,85,25,2

Sommes en milliards de dollars.

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 15,2 milliards de dollars pour que cette banque respecte les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage de l’ordre de 10.

Document 2 :

Avec 42,5 milliards de dollars de capitalisation boursière, largement supérieure à ses actifs tangibles, les marchés considèrent que Bank of New York Mellon est fiable car son ROE calculé sur les actifs tangibles de 18,9 % est a priori satisfaisant mais trompeur à cause de sa sous-capitalisation.

Malgré un surendettement de certaines banques, le système bancaire fonctionne normalement aux Etats-Unis : la banque centrale n’est pas obligée de se substituer aux marchés comme dans la zone euro.
Evidemment, ce genre d’analyse passe mal auprès des fanatiques anti-banques et anti-américains.

Cliquer ici pour voir le communiqué de la banque sur ses derniers résultats financiers.

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26 juillet 2016 0

Morgan Stanley 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

A la fin de ce dernier trimestre, le leverage réel Morgan Stanley (qui fait partie des banques mondiales à risque systémique) est trop élevé, à 14,74 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 6,78 %, encore en détérioration par rapport au trimestre précédent,

Document 1 :

Morgan Stanley2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets825,253834,113787,985807,715828,873
2 Equity67,51867,76767,66268,4969,596
3 Preferred st7,527,527,527,527,52
4 Goodwill9,749,6529,5649,4919,411
5 Tangible eq50,25850,59550,57851,47952,665
6 Liabilities774,995783,518737,407756,236776,208
7 Leverage (µ)15,4215,4914,5814,6914,74
8 Core Tier 1 (%)6,486,466,866,816,78

Sommes en milliards de dollars.

Les chiffres retenus ici pour les calculs du leverage sont les actifs tangibles c’est-à-dire les capitaux propres diminués des actions de préférence, du goodwill et des minoritaires selon les règles préconisées par ce bon vieux Greenspan, sans pondérer les actifs, comme c’est le cas avec le ratio Core Tier 1 et comme le préconisent Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed et la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni.

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 22,7 milliards de dollars pour que Morgan Stanley respecte les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan avec un leverage inférieur à 10.

Document 2 :

Cliquer ici pour lire le communiqué de Morgan Stanley sur la publication de ses résultats de ce dernier trimestre.

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26 juillet 2016 1

JPMorgan Chase & Co. 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

JPMorgan Chase & Co est la plus grande banque américaine par le total de son actif, équivalent à celui de BNP-Paribas,

Document 1 :

JPMorgan fait apparaitre clairement le montant des véritables capitaux propres, ce qui permet de calculer les véritables données sur l’endettement comme ce bon vieux Greenspan les a définies : le leverage réel est de 12,77 et le véritable ratio Core Tier 1 de 7,83 % en détérioration par rapport aux trimestres précédents, presque en concordance avec les exigences de ce bon vieux Greenspan des années 80 mais pas avec leur actualisation, à savoir des chiffres inférieurs à 10,

Document 2 :

JPMorgan2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets2 449,602 417,122 351,702 423,812 466,10
2 Equity216,287245,728247,573250,157252,423
3 Preferred st24,91826,06826,06826,06826,068
4 Goodwill47,47647,40547,32547,3147,303
5 Tangible eq170,596174,324174,18176,779179,052
6 Liabilities2 279,002 242,802 177,522 247,032 287,04
7 Leverage (µ)13,3612,8712,512,7112,77
8 Core Tier 1 (%)7,497,7787,877,83

Sommes en milliards de dollars.

Le montant des capitaux propres augmente mais moins vite que le total des dettes, ce qui n’est pas positif !

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 45,2 milliards de dollars (ou diminuer les dettes) pour que JPMorgan respecte les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan. Des mesures énergiques ont été prises pour redresser la situation mais elles ne sont pas vraiment suffisantes.

La capitalisation boursière de JPMorgan Chase & Co de 233 milliards de dollars, nettement supérieure à ses actifs tangibles, montre que la banque est considérée par les marchés comme fiable car ses bénéfices sont élevés : 6,2 milliards de dollars, ce qui correspond à un ROE de 13,9 % !

Cliquer ici pour lire les données du dernier trimestre de JPMorgan Chase.

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26 juillet 2016 0

Bank Of America 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

En prenant en considération les écarts d’acquisition qui se montent encore à près de 70 milliards de dollars, Bank Of America reste dans les meilleures places du classement des banques mondiales à risque systémique avec un leverage réel de 11,71 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 8,54 % encore en amélioration par rapport aux trimestres précédents,

Document 1 :

Bank of America2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets2 149,032 153,012 144,322 185,502 186,61
2 Equity251,659255,905256,205262,776267,069
3 Preferred st22,27322,27322,27324,34225,22
4 Goodwill69,77569,76169,76169,76169,744
5 Tangible eq159,611163,871164,171168,673172,105
6 Liabilities1 989,421 989,141 980,152 016,832 014,50
7 Leverage (µ)12,4612,1412,0611,9611,71
8 Core Tier 1 (%)8,028,248,298,368,54

Sommes en milliards de dollars.

Les chiffres retenus pour les calculs du leverage sont les actifs tangibles c’est-à-dire les capitaux propres diminués des actions de préférence, du goodwill et des minoritaires selon les règles préconisées par ce bon vieux Greenspan, sans pondérer les actifs, comme c’est le cas avec le ratio Core Tier 1 et comme le préconisent Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed et la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni,

Document 2 :

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 26,6 milliards de dollars pour que Bank Of America respecte les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan.

Document 3 :

Cliquer ici pour lire le document financier de Bank Of America d’où sont tirés ces chiffres.

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